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07.11.2014

Ressources forestières et minières: Impunité et corruption à ciel ouvert au Cameroun

Ces richesses naturelles qui auraient dû être un levier de croissance et de développement local sont systématiquement pillées au fil des années au vu et au su de tous, avec la complicité des agents de l’Etat. 


1) Secteur forestier

Dans un communiqué de presse rendu public à Yaoundé, capitale du Cameroun, le 20 août 2014, Greenpeace Afrique, une organisation non gouvernementale accuse vertement le gouvernement camerounais de corruption et d’impunité. « De grandes quantités de bois illégal émanant de projets de conversion des forêts accèdent aux marchés internationaux au vu et au su du Ministère des Forêts et de la Faune (MINFOF) et de l´Union européenne (UE) », relève le pamphlet. Greenpeace affirme par ailleurs avoir obtenu des preuves que Uniprovince, une société détenue par Herakles Farms, a abattu au moins 10 000 m3 de bois de valeur commerciale (période). En plus, des documents officiels du port de Douala montrent qu’une cargaison de plus de 3000 m3de bois a déjà quitté Douala pour le port chinois de Zhangjiagang.« C’est sans surprise que nous avons appris que ce bois trace son chemin vers la Chine malgré toutes les preuves de son illégalité», se désole Irène Wabiwa, Responsable de la campagne forêt à Greenpeace Afrique. Dans un autre rapport publié en mai 2014,la même Organisation a documenté sur comment Uniprovince a obtenu une vente de coupe sans passer par la procédure d’enchères publiques, en violation de la loi camerounaise.« Trois procureurs de l´État camerounais ont reçu des informations prouvant l’illégalité de l´exploitation forestière de Uniprovince, mais aucune mesure n´a été prise à notre connaissance», dénonce Wabiwa en expliquant que « Le MINFOF et l’UE, en charge de la mise en œuvre de l´accord de partenariat FLEGTont également été informés à plusieurs reprises; malheureusement, cela n´a pas empêché le bois d´être exporté.» Déjà, le 19 août, Greenpeace Asie de l´Est a présenté ces preuves aux autorités compétentes en Chine, en leur demandant d´enquêter sur la société chinoise impliquée dans l´importation de ce bois illégal de Herakles Farms/Uniprovince.

 

Mais, le cas de la vente de bois de Coupe de Uniprovince n´est que la partie visible de l´iceberg. Il y a de fortes chances que l’attribution de treize autres ventes de coupe, à diverses sociétés d’exploitation forestière en 2014 dans la zone de Kribi, n’aurait pas respecté la procédure non plus.Une grande proportion du bois issu des ventes de coupe au Cameroun a pour destination la Chine via le port de Zhangjiagang. Profitant ainsi du fait que le pays ne dispose pas encore d´une législation interdisant l’importation de bois illégal. «Si ces opérations se poursuivent en toute impunité, cela va ébranler la crédibilité de l´accord de partenariat FLEGT, ratifié en décembre 2011, accélérer la destruction de la forêt et priver les communautés de leurs moyens de subsistance», alerte Wabiwa.  A en croire cet expert, le Cameroun s´est engagé à vérifier la légalité de tout le bois et produits dérivés, couverts par l´accord, nonobstant leur destination : que ce soit le marché intérieur, l´UE ou des marchés extérieurs à l´UE.Dès lors pense-telle, il est de la responsabilité des autorités camerounaises et de l´UE de veiller à ce que l´accord de partenariat soit appliqué et respecté à la lettre et dans l’esprit. Greenpeace exige à ce propos que les autorités camerounaises annulent la vente de coupe de Uniprovince et tous les autres permis illégaux, et empêchent le bois coupé illégalement de quitter le Cameroun pour l´UE, la Chine ou toute autre destination. « Tout le bois illégal doit être saisi au Cameroun ou au pays de destination et toutes les personnes impliquées dans l´octroi illégal des permis ou leur utilisation doivent être poursuivies. A nos jours, le gouvernement camerounais n’a encore rien fait dans ce sens », regrette Greenpeace. 

 

 

Les faits décriés par Greenpeace en août 2014 ne sont pas nouveaux. En effet dans son rapport annuel 2011, la Commission Nationale Anti-Corruption (CONAC) avait épinglé le secteur forestier en ces termes : «Plusieurs malversations ont été relevées dans le secteur des forêts et de la faune portant sur l´attribution des ventes de bois de coupe, les ventes aux enchères publiques des produits saisis et la gestion des fonds alloués dans le cadre de l´initiative pays pauvres et très endettés (PPTE) destinés au projet des forêts communautaires ». Une conclusion qui confirme celles des différents organismes indépendants spécialisés dans le contrôle et le suivi des infractions forestières : « même si des progrès dans la gestion forestière durable ont été enregistrés au Cameroun, l’exploitation illégale du bois reste un problème majeur », note l’un de ces organismes. Sur le terrain, plusieurs faits certifient l’existence réelle de la corruption et de l’impunité à différentes échelles dans le secteur bois.

 

En début des années 2000 par exemple, l’Etat du Cameroun à travers le ministère en charge des Forêts porte plainte au parquet de Douala - Bonanjo contre le groupe Hazim, une entreprise forestière appartenant à un libanais au motif de « l’exploitation frauduleuse du bois camerounais à Lomié, département du Haut-Nyong, Province de l’Est sans aucun titre de concession forestière ». L’Etat réclamait, un montant de 16 milliards de perte causée par ladite société.Depuis mai 2002, la société Hazim, a mis la clé sous la porte, pour n´avoir pas payé l’amende de 2,5 milliards de Fcfa (3,8 millions d´euros) finalement infligée par le tribunal. Selon le rapport de Global Witness, une Ong britannique qui a un contrat d´observateur indépendant avec l´Etat camerounais, l’exploitation sans titre pour laquelle la société Hazim a été condamnée est faite avec la bénédiction des Administrations chargées du contrôle dans ce secteur. 

 

 

En dépit de cette sanction parmi tant d’autres, entre 2002 et 2012, soit 10 ans après, l’exploitation illégale du bois à Lomié persiste. « Presque tout le bois qui vient de Lomié est exploité illégalement», constateBrigitte Anziom de l´association ASTRADHE qui s’occupe du développement holistique de l´Homme dans la localité. A Mindourou, localité située à 60 km de Lomié, c’est le même cri de détresse. Daniel Félix Eliem, le défunt Maire de la ville, avait  saisi au mois de juin 2011, le Centre pour l’Environnement et le Développement (CED)  aux motifs que « les activités d’exploitation illégale des forêts se déroulent dans l’Arrondissement de Mindourou notamment dans les forêts communautaires, le domaine national de l’Etat et qui vont jusqu’à toucher la forêt communale de Messamena - Mindourou ».A la même période, à Kagnol, village situé à proximité de Mindourou, le chef de village, Mgbapel Ossouotouan s’est insurgé contre l’exploitation frauduleuse du bois d’ébène dans l’unité forestière d’aménagement (l’Ufa) 10.045. « L’exploitation du bois d’ébène n’obéit à aucune réglementation. Personne dans le village n’est contacté et il n’y a pas de redevance », s’était-il alors indigné. Autant de dénonciations des acteurs de la société camerounaise qui confirment  l’existence réelle d’un mal qui gangrène le secteur de la forêt.

 

Dans le département du Lom et Djérem, plusieurs foyers de l’exploitation illégale ont été répertoriés par la délégation régionale du MINFOF à Bertoua. Il s’agit des localités de Gouékong, Woutchaba, Ndoumbi, Koundi, Gbakombo, Ekombitié, etc.  Dans les localités suscitées, apprend-on sur le terrain, les exploitants illégaux profitent des anciennes pistes forestières laissées par la défunte société forestière et industrielle de Bélabo (SOFIBEL) pour pénétrer les forêts pour la plupart classées forêts communautaires aujourd’hui.  C’est d’ailleurs de ces zones qu’est sorti 150 m³ du bois illégal saisis lors d’une opération coup de poing organisée par la délégation régionale du MINFOF/Est au mois de décembre 2012. Selon Djogo Toumouksala, délégué régional du Minfof/Est, «il s’agit du bois illégal saisi dans les différents postes de contrôle sur la route Bertoua - Ngaoundéré par les agents du MINFOF». Le délégué régional précise que «C’est suite aux multiples plaintes des tracasseries et rackets par les transporteurs et acheteurs du bois dans les forêts communautaires qu’un contrôle spécial a été initié suite aux engagements pris par le ministère des forêts et de la faune devant la CONAC à travers les initiatives à résultats rapides (IRR) afin d’éradiquer la corruption dans le secteur forêt». Malheureusement, lors desdits contrôles, il a été constaté que même ceux qui se plaignaient des irrégularités sont dans l’illégalité. Ainsi, 60% du bois saisi appartenait aux propriétaires, acheteurs et transporteurs du bois des forêts communautaires. Ces exemples du département du Haut-Nyong et du Lom et Djérem illustrent à suffisance la situation générale du pillage à ciel ouvert des forêts au Cameroun.


Complicité et corruption

Dans la Région du Centre, tout le département de la Haut-Sanaga est un cas patant. Les révélations comme celles de Sylvain Notamé, porte parole du village Ndjassi situé à 68 km de Nanga-Eboko sur l’exploitation illégale des forêts sont édifiantes : « une société libanaise qui opère dans ma localité est devenue toute puissante parce qu’elle coupe le bois sans discrimination dans les UFA. Lorsqu’on veut demander à son directeur de nous montrer ses papiers, il nous dit qu’il a des relations à la présidence et avec les ministres et que les populations riveraines ne sont rien devant lui. A chacune de ces descentes dans la forêt, il dit à ses employés devant nous, allez, coupez- moi le moabi…». Plus grave, le Dg de cette société  d’après Sylvain Notamé utilise une autorisation de récupération de bois (ARB) pour couper le bois dans les unités forestières d’aménagement (Ufa) pour éviter les taxes. Pour exprimer sa colère, la communauté riveraine de Ndjassi, après une mission d’observation de l’Union européenne en 2008 dépêchée, pour constater les stocks du bois abandonné, et par le biais de leur chef de village, avait adressé deux requêtes au Ministère des forêts et de la faune. Malheureusement, ces requêtes sont restées lettre morte. De son côté et toujours pour démontrer le degré de l’exploitation illégale et impunie des forêts dans la Haute-Sanaga, Nadège Cathy Bitom du village Biwong, situé à 30 km de Nanga-Eboko révèle que « Nous voyons seulement le bois sortir des forêts alors que les exploitants n’ont pris aucun contact préalable avec les populations locales, gardiennes de la forêt. ». Comme les populations de Ndjassi, celles de l’Est dénoncent les mêmes pratiques. « Ces exploitants illégaux fonctionnent avec la bénédiction des autorités administratives et du MINFOF puisqu’à l’heure actuelle, le chef de poste forestier de Djouyaya est en train de scier le bois d’ébène en brousse », déplore le chef du village Kagnol. Pourtant,  regrette-t-il, l’article 1 du permis spécial du 31 décembre 2009, accordé par le MINFOF aux Ets Jérôme Sah pour l’exploitation du bois d’ébène, dispose clairement que « ladite exploitation échoit le 31 décembre 2010 et est non renouvelable ».

 

Du côté de l’Administration des forêts cependant, l’on rejette en bloc les accusations selon lesquelles ce département ministériel favorise l’impunité et la corruption dans le secteur forêt. « L’exploitation illégale est un phénomène économique que l’on trouve partout ; dans la Douane, le Commerce et le Transport. Chaque année, nous faisons entrer une masse monétaire importante dans les caisses de l’Etat à travers des pénalités et les ventesaux enchères publiques du bois saisi, mais cela n’a pas découragé les exploitants illégaux », martèle un haut responsable de la brigade de contrôle du MINFOFqui reconnait à demi-mots le phénomène décrié. 

 

 

La mainmise des puissances étrangères 

 

Pour l’essentiel, l’on retient que les coupes frauduleuses, l’abattage des espèces protégées ou fraudes fiscales, l’utilisation frauduleuse de titres d’exploitation, la mainmise des multinationales ou encore la destruction de plantations villageoises, la sous-traitance, les marquages inappropriés, le défaut de permis d’exploitation ou encore le non-respect de la loi sur la quantité du bois à transformer localement sont des modes courants d’exploitation illégale du bois. Dans ce trafic douteux, les multinationales ont tôt fait d’imprimer leurs marques.  En effet un rapport de l’Ong « Les Amis de la Terre » indique que l’Entreprise FIPCAM avec la complicité de la Société BOFOR SA a pu couper et vendre pour plus d´un million d´euros, soit près de 600 millions de Frs Cfa de bois illégal en toute impunité au Sud-Est Cameroun.  

 

 

Créée en 2000, note le rapport, « FIPCAM (qui n’a de Camerounais que le nom puisque les capitaux et les gérants sont italiens ou européens) n’a pas tardé à se forger une réputation à la hauteur des autres sociétés travaillant au Cameroun. Aujourd’hui, FIPCAM possède trois concessions au Cameroun, deux dans le Sud (09 018 et 09 017) et une à l´Est (10 047) ».  Selon Greenpeace, en2004, la France a été le plus grand importateur de produits de bois dur africain sur le marché européen. Le pays de François Hollande en a importé 817 000 m3, pour une valeur de plusde256 millions d’euros. Ce bois, soutient cette ONG, a été importé des pays comme le Congo Brazzaville, le Cameroun, le Gabon, la Côte d’Ivoire, la Centrafrique et la République Démocratique du Congo, où la corruption et l’impunité sont généralisées et  où l’exploitation forestière illégale pose de sérieux problèmes de destruction des forêts et génère d’importants conflits sociaux. Ces dernières années, des rapports officiels publiés par le gouvernement camerounais et la Banque Mondiale ont révélé l’ampleur des activités illégales dans l’industrie du bois du Cameroun. Egalement d’après un constat de terrain effectué par une Ong indépendante, les sociétés qui ont le plus violé la loi forestière, en exploitant des essences qui n´étaient pas mentionnées sur leur certificat annuel de coupe, sont des grands groupes européens qui agissent comme-ci ils étaient en « terrain conquis ». 


La loi violée

Pour le WWF, une ONG qui travaille pour la conservation de la biodiversité dans le Sud-Est Cameroun, l’exploitation illégale du bois tout comme la montée du braconnage est en partie favorisée par la non application stricte de la loi du 20 janvier 1994 portant régime des forêts, de la faune et de la pêche. Selon l’article 156 de cette loi, « est puni d’une amende de 200.000 frs à 1.000.000 Frs et d’un emprisonnement d’un mois à six mois, l’auteur de l’une des infractions suivantes ; l’exploitation forestière non autorisée dans une forêt du domaine national ou communautaire sans préjudice des dommages et intérêts sur les exploités ». L’article 157 quant à lui « puni d’une amende de 3.000.000 Frs à 10.000.000 Frs et d’un emprisonnement d’un an à trois ans, l’exploitation forestière non autorisée dans une forêt domaniale ou communale sans préjudice des dommages et intérêts sur les bois exploités » alors que l’article 159 précise que, « les dommages et intérêts relatifs aux bois exploités de façon frauduleuse sont calculés sur la base de l’application de la valeur mercuriale entière en vigueur sur les essences concernées ». « Il est évident que si les instances judicaires de notre pays appliquaient strictement la loi telle quelle, l’exploitation illégale des ressources forestières et fauniques devrait être à la baisse. Malheureusement, la plupart de ceux qui sont chargés de mettre en application cette loi sont eux-mêmes impliqués dans l’exploitation et le trafic de ces ressources », regrette Arlette E., membre actif de la société civile à l’Est. 

2) Secteur minier

Dans le chantier de Mali à Bétaré-Oya, unité administrative du département du Lom et Djerem à l’Est, l’exploitation de l’or bat son plein. Le visiteur est accueilli d’une part, par le ronflement des excavatrices utilisées par les sociétés d’exploitation semi industrielle et d’autre part, par des riverains constitués des hommes, des femmes et des enfants qui se battent à chercher le reste du précieux métal dans les trous abandonnés par des grandes sociétés. Ces grandes sociétés se sont installées à Mali en 2007 à la faveur de l’opération de sauvetage de 6 tonnes d’or lancée par le gouvernement avant la mise en eau du barrage de Lom Pangar. Selon les sources de la direction des Mines et la commune de Bétaré-Oya, « cela fait plus de 80 ans que l’exploitation de l’or a commencé à Bétaré-Oya». Cette mine solide, exploitée de façon artisanale contribuait jusqu’à 20% de recette à l’économie nationale avant l’indépendance. Mais aujourd’hui, regrettent nos sources, le Cameroun ne tire presque rien de l’exploitation de son sous-sol malgré l’intense activité d’exploitation minière. A cet effet, un responsable du Cadre d’appui à l’artisan minier (CAPAM) soutient que la région de l’Est seule regorge 51 secteurs miniers, 509 chantiers actifs et 48.630 artisans miniers pour une production mensuelle de 144.650 grammes d’or. Sur cette production malheureusement, seulement 84.990 grammes sont canalisés dans les circuits formels. Sur le plan national, une intense activité d’exploitation d’or se fait également dans les régions du Sud, de l’Adamaoua et du Nord avec une production d’à peu près 200 kg d’or par mois canalisée aussi à plus de 95% dans les circuits clandestins des trafiquants. Conséquences, avec moins de 01 %, de contribution au budget d’investissement public (Bip) selon le Ministère des Mines, cette activité ne rapporte presque rien ni à l’Etat ni aux populations et communautés locales. « Mon village n’a jamais bénéficié de revenus miniers. Or c’est ici qu’on extrait de nombreuses richesses minières de ce Pays»,se lamente Sa Majesté Moussa Kombo, chef du village Longa Mali à Bétaré-Oya, principale ville minière de l’Est où les populations croupissent toujours dans la misère.

 

 

Fraude

 

Pourtant, l’article 89 de la loi n°1 du 16 avril 2001 portant code minier stipule que « les populations affectées par une exploitation minière ont droit à une compensation. Le montant de la compensation sera prélevé sur la taxe ad valorem et sur la taxe à l´extraction des produits des carrières. » Malheureusement, Paul Gwet Ntep, ex coordonnateur du CAPAM soutient lors d’un exposé que « puisque ce système est déclaratif, les sociétés déclarent donc leur production selon leur guise et commercialisent le reste de la production dans des circuits clandestins avec un impact presque nul sur l’économie nationale.» Pour Abdoulaye Amadou, exploitant artisanal à Colomine, Arrondissement de Ngoura « les responsables des Mines sont beaucoup plus intéressés par ce que tu leur donnes à mettre dans leurs poches directement, au lieu de venir déclarer des quantités exploitées pour lecalcul  de la taxe ad valorem payée au trésor public »  

 

 

Par ailleurs, le code minier distingue deux principales activités minières: artisanales et semi-industrielles. Ces deux activités se distinguent par le matériel utilisé, la durée des investissements et  l’étendue de l’espace objet de l’activité. L’article 9 de la même loi stipule que « l’exercice  de l’activité artisanale est réservé aux seuls Camerounais titulaires d’une carte  individuelle de prospection ». Pour sa part, l’article 25 précise que « l’artisan a la possibilité d’obtenir une autorisation d’exploitation artisanale pour 4 secteurs seulement d’une superficie maximale d’un hectare ». Or sur le terrain, la situation, exactement le contraire, est caractérisé par l’occupation illégale des vastes étendues de terres sans autorisation. C’est face à cette anarchie que les chefs traditionnels de l’Arrondissement de Ngoura, ont exprimé leur colère dans une lettre adressée au Chef de l’Etat au mois de mai 2014. « Des particuliers ont obtenu les permis d’exploration et ont profité de ces permis pour s’approprier des milliers d’hectares de terrain dans les villages. Ils  les ont même vendus aux expatriés qui aujourd’hui exploitent avec les excavatrices », explique Justin Aoudou Koueke, Président du Conseil d’Arrondissement des Chefs traditionnels de Ngoura. Mais rien n’a été fait. Le pillage de cette ressource se porte plutôt bien et les trafiquants s’enrichissent chaque jour. 


Sanctions infructueuses

Dans une tentative de mettre fin à l’exploitation de sa ressource minière, l’Etat par l’entremise du Ministère des Mines, de l’Industrie et du Développement Technologique a pris une décision le 14 mai 2014, relative à la suspension « sur toute l’étendue du territoire national, pour une période de six mois renouvelable, la délivrance, le renouvellement et toute transaction portant sur les autorisations d’exploitation minière artisanale ». L’article 2 de la décision signée par Emmanuel Bondé stipule que, « pendant la période de suspension, il sera organisé sur toute l’étendue du territoire, un recensement général de tous les opérateurs exerçant les activités d’exploitation minière artisanale et artisanale mécanisée ainsi qu’un inventaire exhaustif des leurs équipements et matériels. » Alors que l’article 3 prévoit des sanctions conformément aux dispositions des articles 107 de la loi du 16 avril 2001, portant code minier, des articles 40 (f) et 138 du décret du 26 mars 2002 susvisé. Malheureusement, même les menaces proférées par Fuh Calistus Gentry, Secrétaire d’Etat de ce département ministériel lors d’une descente dans tous les sites d’exploitation artisanale mécanisée de l’or à Bétaré-Oya le 22 juillet 2014pour évaluer cette opération,n’ont encore rien donné

3) Conséquences

Au bout du compte, que ce soit dans le secteur forestier ou minier, les conséquences de ce pillage sont énormes. D’abord ces activités, puisqu’elles sont non contrôlées, provoquent un impact négatif sur la biodiversité en détruisant les écosystèmes. Résultat, l’on observe l’avancée de la savane dans la partie nord de la région de l’Est Cameroun à cause de la coupe du bois. Il en est de même  des vastes étendues de terrain plein des trous d’or abandonnés par les exploitants en violation des prescriptions environnementales en la matière. Ces espaces constituent une menace à l’élevage dans les zones concernées. Sur le plan financier, près de 5 milliards de Fcfa de pertes sèches chaque année, selon le ministère des Forêts et de la Faune. Dans le même sillage, l’Ong camerounaise Forêt et développement durable (FODER), affirme que chaque année, l’Etat camerounais perd 30 milliards de FCFA. Par ailleurs les Redevances Forestières Annuelles (RFA), instituées par la loi de 1994 et Redevances Minières (RM), instituées par le code minier de 2001 pour aider les populations riveraines dans leurs projets de développement, n’ont aucun impact sur le terrain. « Le pillage, perpétué depuis l’indépendance par des grands groupes européens (Rougier, Alpi, Thanry, Vastolegno, etc.), se déroule dans des régions qui, contrairement aux exemples canadiens et norvégiens par exemple, ne connaissent aucun avantage économique, social ou infrastructurel résultant de cette activité. Ils demeurent les plus pauvres du pays. Yokadouma dans la Boumba-et-Ngoko à l’Est du pays, Ntoumou dans la vallée du Ntem, dans le Sud, pour ne citer que ces localités », note le rapport d’une Ong pour le secteur forestier. Lors de son conseil municipal du mois de juin 2014pour l’adoption des comptes administratifs du Maire et de gestion du Receveur municipal de 2013, les nouveaux conseillers municipaux de la commune de Bétaré-Oya à l’Est,ont constaté avec beaucoup d’amertume que la somme de 68 millions de FrsCfa représentant les Redevances minières de l’exercice 2013 ne figurait pas dans les livres comptables de la commune. Où sont donc passés les 68 millions ? Cette question reste toujours sans réponse.

 

Article 66

 

En somme, les observateurs de la scène socio-économique et politique camerounais sont unanimes sur le fait que l’impunité au Cameroun est la conséquence directe de la corruption, laquelle est aussi favorisée par la non application de l’article 66 de la constitution de 1996 qui oblige les hauts fonctionnaires de l’Etat à déclarer leurs biens dès la prise de fonction. C’est pourquoi, pensent-t-ils, l’opération épervier qui vise à traquer les pilleurs de la fortune publique est perçue comme une guillotine pour les ennemis politiques du régime. « En fait l’impunité et la corruption sont effectives au Cameroun, je ne crois pas que le sommet de l’Etat a la volonté de mettre fin à ce fléau, sinon il aurait commencé à mettre en application l’article 66 de la constitution de 1996 », soutient,en guise de conclusion, un analyste politique de la place.


Sébastian Chi Elvido



Source : BERTOUA.INFO


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 Coopération : L’Allemagne appuie le Cameroun pour la gestion des médicaments
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 Rdpc/Kadey : Françoise Angouing dénonce les divisions
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Toute L´actualité politique



ACTUALITE : SOCIETE


 Doumaintang: les portes de la commune fermées
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 Commune de Doumaintang: le maire désavoué par ses populations
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 Sécurisation de l´Etat civil: La Mairie de Bertoua 1er en tête de proue
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 Arnaque: Un Evêque réclame près de trois millions à Camtel
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 BERTOUA: Soulevement populaire contre ENEO suite à trois semaines sans energie
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 Eglise catholique: Batouri accueille son nouvel évêque
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Toute L´actualité sociétale



ACTUALITE : ECONOMIE


 Budget de l´État du Cameroun: L´enveloppe globale s´élève à 4.850.5 milliards en 2019.
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 Est/Pénurie: Le poulet de chair manque à Bertoua
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 Lom-Pangar : Les travaux du barrage réalisés à près de 98%
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 BIP 2016 : L’Est améliore son taux d’exécution physique
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 Grégoire Mvongo: « la présence massive des réfugiés dans la région de l’Est a fragilisé l’élevage»
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 Projet sucrier de Batouri : Le Feicom réclame 562,5 millions aux communes de l’Est
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ACTUALITE : SPORT


 Jeux Fenassco Ligue B: l ’Ouest, encore championne
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 1240 athlètes participent aux 13èmes jeux scolaires primaires du Cameroun
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 Léopard Royal de Bertoua : la révélation du Challenge Geremi Njitap
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 Infrastructures sportives : La Fécafoot se tourne vers les communes
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 CAN 2015: Le Cameroun a joué l´Ouverture...Et il y a eu des buts
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 CAN 2015: Le programme du Premier tour à ne pas Oublier
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